mardi 22 mai 2018

23 Mai : Le BIENHEUREUX CRISPIN DE VITERBE, Capucin / SAINTE JEANNE-ANTIDE THOURET, Vierge, Fondatrice des Soeurs de la Charité de Besançon

Vingt-troisième jour du Mois de Marie

(avec le Saint Curé d'Ars)

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)


Le Bienheureux Crispin de Viterbe 
Capucin

Crispin de Viterbe eut pour parents de pauvres ouvriers. Sa mère lui inspira, dès ses premières années, une grande dévotion à Marie : "Voilà ta vraie mère", lui avait-elle dit, en le conduisant pour la première fois à son autel. « Mon enfant, lui disait-elle encore, dans tous les dangers écrie-toi : "Marie, venez à mon aide! Et elle y viendra".

Dès qu'il fut en âge de travailler, le pieux enfant fut placé chez un de ses oncles, qui était cordonniers ; le samedi soir, avec le petit salaire de la semaine, Crispin allait acheter un beau bouquet pour la Sainte Vierge. 



Plusieurs années se passèrent ainsi; mais DIEU parla enfin an cœur du saint jeune homme, et la vue de plusieurs capucins décida sa vocation; il avait vingt-cinq ans. 

Quoique faible de santé, Crispin, dans le couvent où il fut admis, suffisait à tout : il bêchait le jardin, allait à la quête, soignait les malades. Un religieux infirme, plein d'admiration pour lui, disait : "Frère Crispin n'est pas un novice, mais un ange." 

Rien de plus naïf que la piété de ce sublime ignorant. Dans tous les couvents où il passait, Crispin dressait à son usage un petit autel à Marie. 

Un jour qu'il y avait placé deux belles fleurs, elles furent volées par deux petits espiègles. Peu après, un religieux lui donna deux cierges ; le bienheureux les alluma et sortit pour cueillir des légumes dans le jardin ; le religieux qui les avait donnés les ôta et se cacha pour voir ce qui arriverait. 

A son retour, Crispin, attristé, se plaignit à Marie : "Comment! Hier les fleurs et aujourd'hui les cierges. Ô ma mère, vous êtes trop bonne ; bientôt on vous prendra votre Fils dans les bras, et vous n'oserez rien dire !" 

Quand on le plaignait de son excès de travail, il disait en riant le mot de saint Philippe de Néri : "Le paradis n'est point fait pour les lâches !" Un jour, la maladie sévit dans un couvent : « Voulez-vous risquer votre vie et aller soigner vos frères? lui dit son supérieur. — Voulez-vous? reprit Crispin; j'ai laissé ma volonté à Viterbe, quand je suis entré chez les capucins. » 

II guérit tous les malades du courent et revint lui-même en parfaite santé. Il aimait beaucoup les fonctions de frère quêteur et se plaisait à s'appeler l'âne des Capucins. 

Une religieuse d'un couvent, pour l'éprouver, l'accablait d'injures : "DIEU soit loué ! s'écria-t-il ; on me traite ici comme je le mérite." Il mourut l'an 1750. Sa charmante humeur l'a fait appeler le Saint joyeux. 

Pratique.  Servez DIEU gaiement. Un saint triste est un triste saint, disait le curé d'Ars. 

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Sainte Jeanne-Antide Thouret

VIERGE

FONDATRICE DES SOEURS DE LA CHARITÉ DE BESANÇON
(1765-1826)



Jeanne-Antide Thouret naquit le 27 novembre 1765, à Sancey-le-long, en Franche-Comté, au sein d'une famille très chrétienne composée de neuf enfants; ses parents exerçaient le métier d'agriculteurs.
Quand Jeanne a quinze ans, sa mère meurt : Jeanne-Antide sera désormais l'éducatrice de ses frères et soeurs et la ménagère dévouée qui entretiendra la maison. Bien que la famille vive dans une réelle pauvreté, la charitable jeune fille trouve le moyen de ne jamais refuser l'aumône.
Elle a environ dix-sept ans lorsque son père lui annonce qu'un riche jeune homme l'a demandée en mariage. Sans hésiter, Jeanne répond à son père qu'elle refuserait la main d'un roi. Après cinq longues années d'attente, elle réussit enfin à vaincre les obstacles qui s'opposent à sa vocation religieuse.

Accueillie à la maison mère des Filles de la Charité le jour de la Toussaint 1787, elle est reçue le lendemain par la supérieure générale, la vénérable Mère Dubois. Le onzième mois de son séminaire, elle revêt l'habit des Filles de la Charité et on l'envoie travailler successivement à l'hôpital de Langres, puis à Paris où elle prodigue ses soins maternels aux incurables de l'hospice.

La Révolution était déjà amorcée. Comme la plupart de ses compagnes, tout en restant au service des malades, Soeur Thouret refuse de reconnaître le clergé schismatique. En novembre 1793, elle doit quitter Paris pour regagner son pays natal à pied, en mendiant. Sa charité qui se fait la providence des malades et des pauvres, la sauve plus d'une fois de la fureur des révolutionnaires. Durant les jours de la Terreur, sainte Jeanne-Antide Thouret se réfugie en Suisse.
Aussitôt qu'elle peut rentrer en France, elle ouvre une école à Besançon. Son établissement connait le succès dès le premier jour. Au cours de la même année elle organise trois autres écoles dans la même ville. Ouvrière infatigable, elle dirige un dispensaire et distribue une soupe populaire. Le préfet lui confie bientôt une maison de détention.
Sainte Jeanne-Antide Thouret donna à ses collaboratrices les Règles et le nom de: Soeurs de la Charité de Saint Vincent de Paul. Ce titre devait engendrer tôt ou tard des confusions et des conflits, aussi les filles de Monsieur Vincent en réclamèrent-ils un autre. Le cardinal Fesch décida que les nouvelles religieuses s'appelleraient: Soeurs de la Charité de Besançon. Cette communauté connut tout de suite une rapide expansion. En 1810, la mère de Napoléon Bonaparte leur ouvrit le royaume de Naples et Murat leur abandonnait l'énorme couvent hôpital de Regina Coeli. Mère Thouret alla y installer ses compagnes et ouvrit cent trente maisons en l'espace de dix ans.
Sans le sceau divin de la souffrance, il aurait manqué quelque chose à la sainteté de la fondatrice. Profitant de son long séjour en Italie, la Sainte fit approuver son institut par le Saint-Siège, sous le nom de: Filles de la Charité sous la protection de Saint Vincent de Paul. Ce changement de nom et les modifications introduites dans les constitutions en dehors de toute entente avec le nouvel archevêque de Besançon qui lui était hostile, furent cause d'une scission entre les communautés de France et celles d'Italie.
En effet, celles de France entendirent rester fidèles aux premières constitutions et se déclarèrent autonomes sous la supériorité de l'Ordinaire du lieu.  Sainte Jeanne-Antide Thouret passa deux années dans sa patrie pour tâcher de réunir les deux obédiences de Besançon et de Naples. Non seulement elle n'y parvint aucunement, mais elle eut la douleur de rentrer à Naples, après s'être vue refuser l'entrée de la maison mère de Besançon.
Dieu rappela à Lui Sa digne servante le 24 août 1826. Cent ans après sa mort, on ramenait ses restes d'Italie dans le couvent de Besançon. Ses filles firent acte de solennelle réparation en chantant le Miserere de toute leur âme. Le 23 mai 1926, le pape déclarait Jeanne-Antide Thouret bienheureuse et le 14 janvier 1934, l'Église l'élevait sur les autels.
"Ô Marie conçue sans péché 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 21 mai 2018

22 Mai : SAINTE JULIE, Vierge et Martyre / SAINTE RITA DE CASCIA, Veuve

Vingt-et-deuxième jour du Mois

(avec le Saint Curé d'Ars)


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 

(Saint François de Sales)



Sainte Julie d'une illustre famille de Carthage, fut faite prisonnière dans une guerre et vendue comme esclave ; elle souffrit avec beaucoup de courage les peines attachées à la servitude et en vint même jusqu'à se plaire dans son état. Dénoncée comme chrétienne, elle fut frappée au visage, on lui arracha les cheveux et on la fit mourir sur une croix, l'an 766.
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BIENHEUREUSE RITA DE CASCIA

Veuve       
                                            
Marguerite de Casciadont le peuple a abrégé le nom en l'appelant Rita, se sentit, toute jeune, attirée vers la virginité; il lui fallut cependant plier devant la volonté de ses parents et s'engager dans le mariage.  Son mari, de noble origine, était d'une humeur violente; ce fut pour la sainte jeune femme une occasion continuelle d'angélique patience.  Elle eut enfin le bonheur de faire la conquête de cette âme au prix de beaucoup de larmes, de pénitences et de prières. 
Après la mort de son mari et de ses enfants, Rita eut hâte de se donner toute à Dieu.  Elle fut introduite une nuit par trois protecteurs célestes, saint Jean-Baptiste, saint Augustin et saint Nicolas de Tolentino, dans un cloître d'Augustines dont toutes les portes étaient fermées.  La supérieure, frappée du miracle, ne fit pas de difficulté d'accepter cette âme d'élite.  Dès lors, les jeûnes quotidiens au pain et à l'eau, les flagellations, le cilice, les veilles furent toute la vie de Rita
Elle méditait la Passion du Sauveur, de minuit jusqu'à l'aurore, absorbée dans la douleur la plus profonde.  Un jour, une épine se détacha de la couronne du Crucifix devant lequel elle priait et lui fit au front une blessure, qu'elle porta toute sa vie.  De sa plaie sortaient des vers qu'elle appelait ses petits anges. Cette infirmité l'obligea de vivre dans une retraite forcée au milieu de son couvent, et elle en profita pour se plonger plus avant dans les saintes veilles, les pénitences et la méditation.  Rita fit alors une maladie de quatre ans qui acheva de purifier son âme. 

A sa demande, Dieu fit fleurir un rosier en plein hiver; elle put respirer le doux parfum de ces roses; elle obtint aussi, hors de saison, des figues d'une remarquable beauté.  Jésus-Christ vint enfin Lui-même, avec Sa divine Mère, annoncer à Rita que bientôt la couronne d'épines serait remplacée sur sa tête par la couronne de gloire.  A sa mort, la cloche du couvent fut mise en mouvement par la main des anges, et une lumière éclatante se répandit dans sa cellule.
Pratique.  Ayez une grande dévotion aux instruments sacrés de la Passion du SAUVEUR

“O Marie conçue sans péché 
priez pour nous qui avons recours à Vous

dimanche 20 mai 2018

21 MAI : SAINT HOSPICE, Reclus en Provence / SAINT ANDRÉ BOBOLA, Jésuite et Martyr

Vingt-et-unième jour du Mois de Marie

(avec le Saint Curé d'Ars)


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)



HOSPICE, personnage de grand mérite, illustre par ses miracles, vivait au VIe siècle  Il se renferma dans une vieille tour abandonnée, près de Villefranche, à une lieue de Nice, en Provence, pour y pratiquer les exercices de la pénitence loin des vains bruits du monde.

Vêtu d'un rude cilice, il portait sur sa chair nue de grosses chaînes de fer ; un peu de pain et des dattes faisaient sa nourriture ; mais, en carême, il ne prenait que des herbes ou des racines.

DIEU le favorisa du don des miracles et du don de prophétie. Il prédit l'invasion des Lombards dans le midi de la France, et en effet quelques années plus tard, ces hordes barbares vinrent ravager nos provinces et mettre tout à feu et à sang.

Les farouches soldats rencontrèrent le saint reclus dans sa masure déserte, et à la vue de ses chaînes  le prirent pour un malfaiteur.  Le Saint leur avoua qu'il était très criminel et indigne de vivre.

Alors l'un d'eux leva le bras pour lui fendre la tête de son sabre ; mais son bras, paralysé tout à coup par une force invisible, laissa tomber l'arme à terre. A cette vue, les barbares terrifiés se jettent aux pieds du solitaire et le prient de secourir leur camarade.

Hospice, par le signe de là croix, rendit la vigueur à son bras. Le soldat objet de ce châtiment et de ce miracle fut tellement touché, qu'il demeura près du saint, résolu d'être son disciple et de marcher sur ses traces.

Quant aux autres soldats lombards, ils furent pour la plupart châtiés du ciel, pour n'avoir pas écouté les paroles de paix que le saint leur avait adressées; quelques-uns même furent possédés du démon.


Hospice rendit l'ouïe et la parole à un sourd-muet qu'un diacre d'Angers conduisait à Rome, au tombeau des apôtres et des martyrs, pour implorer leur secours.

Émerveillé du prodige, le diacre s'écria : « Pourquoi donc aller à Rome? Nous avons trouvé ici la vertu de Pierre, de Paul, de Laurent, des apôtres et des martyrs. » Mais le saint homme lui répondit : « Ne parlez pas ainsi ; ce n'est pas moi qui ai guéri ce malade, c'est DIEU qui a réparé son ouvrage et qui a rendu à cet homme les sens dont il l'avait privé. »

C'est ainsi qu'ennemi de la vaine gloire, il rapportait tout à DIEU. On le vit ensuite rendre la vue à un aveugle de naissance, délivrer une jeune fille possédée du démon et chasser trois démons du corps d'une femme qu'on lui avait présentée.

Enfin Hospice ressentit les approches de la mort, et annonça que dans trois jours il quitterait la terre pour le ciel.  Un homme étant venu le voir malade pour s'édifier, lui manifesta son étonnement de le voir ainsi chargé de chaînes et couvert de plaies, et lui demanda comment il avait pu tant souffrir : « Celui pour qui j'ai souffert m'a fortifié et soutenu; je touche à mon repos et à ma récompense. »

II mourut couché sur un banc et les mains levées au ciel, le 21 mai 581.

Pratique. Dans les souffrances et les maladies du corps, soyez soumis à Dieu.


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SAINT ANDRÉ BOBOLA
Jésuite, Martyr 
(1591-1657)


SAINT ANDRÉ naquit en Pologne, à Sandomir.  La famille Bobola, une des plus illustres de la Pologne, protégeait les Pères Jésuites de tout son pouvoir.  Afin de récompenser leur zèle pour la foi, DIEU permit qu'un de ses membres devint un glorieux martyr de la Compagnie de Jésus.

André fit ses études chez les Jésuites de Vilna. Il entra au noviciat en 1609, et en 1613, il se consacrait à DIEU par les vœux perpétuels.  Plusieurs villes de Pologne seront tour à tour témoins de son zèle infatigable.  Saint André Bobola possédait le talent spécial de ramener à DIEU les pécheurs publics les plus endurcis.   Il manifestait aussi un goût particulier pour l'enseignement du catéchisme aux enfants.

C'est dans la ville de Pinsk que le Père Bobola exerça le plus d'influence.  L'essor donné au collège de cette ville, les conversions opérées parmi les orthodoxes, la fondation d'une congrégation de la Sainte Vierge pour les paysans, comptent au nombre des plus belles initiatives de l'apôtre durant ses trois années de ministère dans cette cité.



Après six ans d'absence, soit en 1652,  André Bobola est de retour.  Le Saint eut à endurer maintes persécutions, insultes et mauvais traitements de la part des autorités schismatiques.

Le 16 mai 1657, des Cosaques sanguinaires arrêtèrent Saint André Bobola au hameau de Mohilno et lui firent subir de tels supplices, qu'au témoignage de la Congrégation des Rites «jamais un si cruel martyre ne fut proposé aux discussions de cette assemblée.»  Leur impuissance à faire abjurer Bobola irrita les Cosaques.

Ils le flagellèrent jusqu'au sang, après quoi ils enserrèrent sa tête dans une couronne de branches et lui scalpèrent le dos des mains. Vint ensuite la course à l'arrière des chevaux, scandée de coups et d'imprécations.  Puis ses bourreaux lui meurtrissent la main droite d'un coup de sabre, lui tranchent le talon droit et on lui crève un œil.  Avec un plaisir sadique, ces inhumains suspendent le martyr par les pieds et lui promènent des torches brûlantes par tout le corps.

Un des guerriers trace une tonsure sanglante sur la tête du martyr et l'arrache brutalement de son crâne enfiévré.  D'autres lui enlèvent la peau des mains,  coupent l'index gauche et l'extrémité de chaque pouce.  Ensuite, ils décharnent son dos et ses bras. N'étant pas encore rassasié de le voir souffrir, ces barbares étendent le saint confesseur sur une grande table et emplissent les plaies vives du dos avec de la paille d'orge finement hachée, qu'ils introduisent dans ses chairs en riant et chantant.

On lui coupe une oreille, le nez, les lèvres, accompagnant le tout de coups de poing et de soufflets qui lui font sauter deux dents.  Quelques-uns enfoncent des éclats de bois sous les ongles des mains et des pieds.  Afin d'empêcher le Saint de prier vocalement, ces démons incarnés lui arrachent la langue par un trou pratiqué dans le cou.



Cette mutilation et un coup de poinçon donné dans la région du cœur, font évanouir le martyr. Enfin, on achève Saint André Bobola de deux coups de sabre qui lui tranchent la tête, puis on jette son corps sur un tas de fumier.

Les catholiques recueillirent sa dépouille et l'ensevelirent dans l'église. En 1755, le Père André Bobola  fut déclaré vénérable, et en 1853, le pape Pie IX le déclara bienheureux.

Son corps restait toujours parfaitement intact. Le jour de Pâques, 17 avril 1938, le pape Pie XI l'inscrivit au catalogue des Saints. Aujourd'hui, les schismatiques eux-mêmes vénèrent ce Saint martyr.

                       "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"

samedi 19 mai 2018

20 MAI : SAINT BERNARDIN DE SIENNE, Franciscain

Vingtième jour du Mois de Marie

(avec le Saint Curé d'Ars)


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)



Le principal caractère de la vie de ce grand Saint, c'est son amour extraordinaire pour la Très Sainte Vierge, dont il fut toujours l'enfant chéri. 

Né le 8 septembre 1380, jour de la Nativité de Marie, Bernardin fut privé tout jeune, de ses nobles et pieux parents; mais il trouva dans une de ses tantes une véritable mère, qui le conduisit par ses leçons et ses exemples, dans le chemin de la vertu. 

Voyant un jour cette femme refuser de donner à un pauvre, il lui dit : « Pour l'amour de DIEU, donnez à ce pauvre ; autrement je ne prendrai rien aujourd'hui. » 

Sa pureté était si grande, que le moindre mot inconvenant l'affligeait profondément : « Silence, disaient les étudiants quand ils le voyaient apparaître au milieu de leurs conversations trop libres, silence, voici Bernardin ! » 

A dix-sept ans, il entra dans une confrérie de gardes-malades, et soigna pendant quatre ans, dans un hôpital, avec un dévouement et une douceur rares, toutes les infirmités humaines. 

Se traitant lui-même avec la dernière dureté, il ne songeait qu'aux besoins des autres; il parut surtout héroïque dans une peste affreuse, où il s'imposa mille fatigues et brava mille fois la mort.

L'inspiration du Ciel le conduisit alors chez les Franciscains, qui le lancèrent bientôt dans la prédication. 

Grâce à la bonté de sa Mère céleste, sa voix faible et presque éteinte devint inopinément claire et sonore ; Bernardin fut un apôtre aussi brillant par son éloquence que par sa science, et opéra en Italie de merveilleux fruits de salut. 

Nul ne pouvait résister aux accents de sa parole enflammée. — Faisant un jour l'éloge de la Sainte Vierge, il lui appliqua cette parole de l'Apocalypse : « Un grand signe est apparu au ciel. » 

Au même instant, une étoile d'une admirable clarté apparut au-dessus de sa tête.  Une autre fois, parlant en italien, il fut parfaitement compris par des auditeurs grecs qui ne connaissaient que leur langue maternelle. 

Un jour, un pauvre lépreux lui demanda l'aumône; Bernardin, qui ne portait jamais d'argent, lui donna ses souliers ; mais à peine le malheureux les eut-il chaussés, qu'il se sentit soulagé et vit disparaître peu à peu toute trace de sa terrible maladie. 
Bernardin, allant prêcher, devait traverser une rivière et ne pouvait obtenir le passage de la part d'un batelier cupide auquel il n'avait rien à donner.  Confiant en Celui pour qui il travaillait, il étendit son manteau sur les eaux, et montant sur ce frêle esquif, passa la rivière. 

C'est à BERNARDIN DE SIENNE que remonte la dévotion au saint Nom de JÉSUS ; il ne pouvait prononcer ce nom sans éprouver des transports extraordinaires. 

Peu de saints ont tracé un sillon aussi profond dans l'Église et gagné tant d'âmes à DIEU. Il mourut à soixante-quatre ans, la veille de l'Ascension de l'année 1444.

Pratique. Vouez à la Sainte Vierge un amour tendre, constant et pratique.
 "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

19 Mai : SAINT PIERRE CÉLESTIN, Pape / SAINT YVES, Avocat

(avec le Saint Curé d'Ars)


"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Evangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.” 
(Saint Francois de Sales)


PIERRE, le onzième des douze enfants d'un pauvre fermier italien, naquit en 1221 ; il reçut une éducation plus soignée que ses frères, grâce aux dispositions extraordinaires d'intelligence et de piété qu'il montra dès son bas âge.

Tout enfant, il racontait naïvement à sa mère les visites qu'il recevait des anges et de la Sainte Vierge. La mère, pour éprouver la réalité de ces visions, lui ordonna, par un temps de famine, d'aller couper du blé, à l'époque où il était encore vert ; Pierre y courut et rapporta du blé très beau et très mûr.

Jeune encore, il résolut de quitter le monde pour la solitude. Sa première retraite fut une forêt, où il demeura six jours dans un jeûne et une prière ininterrompus ; puis il gravit une montagne sauvage et se retira dans une caverne sombre comme un tombeau, sans autre lit que la terre, sans autre vêtement qu'un cilice.

Pendant trois ans, malgré son jeûne quotidien, il fut assailli de toutes sortes de pensées de découragement, de sensualité, de volupté ; mais il était fortifié par les fréquentes visions des anges. Il consentit à recevoir le sacerdoce, afin de trouver dans l'Eucharistie un soutien contre les tentations.

La sainteté du solitaire lui attira des disciples : ce fut l'origine de cette branche de l'ordre de saint Benoît dont les religieux sont appelés Célestins. Ils vivaient sous des huttes faites avec des épines et des branches, mais DIEU réjouissait leur affreuse solitude par de suaves harmonies célestes et par la visite des bienheureux esprits.

Bien plus austères que ses religieux, Pierre ne mangeait que du pain de son très noir et très dur, jeûnant quatre carêmes, ne prenant généralement que des herbes crues, une seule fois tous les trois jours.

Couvert d'instruments de pénitence, il couchait sur le fer plutôt que sur la terre : une voix céleste vint lui ordonner de diminuer cette pratique excessive de la mortification.

Il opérait tant de merveilles, pour ainsi dire sans le vouloir, qu'il supplia DIEU d'avoir pitié de sa misère et de se servir d'autres instruments. Qui croirait qu'après une vacance inouïe du Saint-Siège pendant vingt-sept mois, le choix des cardinaux alla chercher le pauvre moine au fond de son désert?

Pierre, âgé de soixante-douze ans, subit en pleurant la violence qui lui fut faite ; mais, quelques mois après, craignant les responsabilités, se jugeant au-dessous d'une charge si lourde, à laquelle il est vrai, il n'était préparé que par sa sainteté, il abdiqua le souverain pontificat, reprit l'habit de moine et voulut retourner dans sa solitude.

Le nouveau pape, Boniface VIII, redoutant bien à tort qu'à cette époque troublée des hommes de parti n'érigeassent Pierre en antipape, le fit prendre et garder étroitement dans une citadelle.

La mort de PIERRE CELESTIN fut aussi sainte que sa vie ; elle arriva l'an 1296.

Pratique. Soyez humble, ayez des goûts modestes; rien ne trouble le cœur comme l'ambition.

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Saint Yves

Avocat

(1253-1303)


Ce célèbre avocat des pauvres, des veuves et des orphelins né en Bretagne, en 1253,  était fils du seigneur de Kermartin, près de Tréguier.  A l'âge de quatorze ans il fut envoyé aux écoles de Paris, où il étudia la philosophie, la théologie et le droit canonique; il étudia le droit civil à Orléans, et revint ensuite en Bretagne. 

L'évêque de Rennes le nomma son Official, c'est-à-dire juge des causes ecclésiastiques. Il reçut alors les Ordres sacrés, sauf la prêtrise. Sur les réclamations de son Ordinaire, qui était l'évêque de Tréguier, il alla exercer dans cette dernière ville la même charge qu'à Rennes.

En 1285, Yves fut ordonné prêtre et nommé curé de Trédrez. Décidé à bien remplir ses nouveaux devoirs, il se démit sa charge d'Official.


Yves fut le modèle des pasteurs.  Il était d'une humilité si profonde qu'il ne pouvait souffrir la plus petite louange.  Il faisait toujours ses visites à pied, et portait des sandales comme les religieux de saint François, dont il avait embrassé le Tiers-Ordre.  Étant simple étudiant à Paris, il avait commencé à s'abstenir de viande;  à Orléans, il cessa de boire du vin et entreprit de jeûner tous les vendredis. 
Ensuite, augmentant de jour en jour ses mortifications, il jeûna au pain et à l'eau tous les mercredis, vendredis et samedis de l'année. Son lit n'était qu'un peu de paille sur une claie d'osier; et sa Bible, ou une pierre, lui servait d'oreiller... Il distribuait aux pauvres les revenus de son bénéfice et de son patrimoine.

Il ne pouvait supporter la vue des pauvres nus: visitant un jour un hôpital, il y en trouva plusieurs mal vêtus, il leur donna tous ses habits. Un autre jour que le tailleur lui essayait un habit, il aperçut dans la cour un pauvre demi-nu ; aussitôt il lui fit donner l'habit neuf et garda le vieux.

Ce qui a rendu saint Yves illustre, c'est l'intégrité avec laquelle il exerça sa fonction d'Official. Il tâchait d'accorder les parties quand il les voyait sur le point d'entrer en procès; et, lorsqu'elles voulaient plaider,  il favorisait toujours ceux qu'il reconnaissait avoir le meilleur droit.  De toutes les causes qu'il soutint, soit comme juge, soit comme avocat, il n'y en eut jamais une seule d'injuste.  De juge, il devenait quelquefois avocat en faveur des pauvres et des orphelins
On cite le cas de cette vertueuse veuve de Tours, qui avait reçu de deux filous le dépôt d'une valise renfermant une grosse somme d'argent, sous condition de ne la rendre qu'en présence des deux déposants.  Six jours après, l'un deux sut si bien s'y prendre qu'il obtint la remise de la valise.  Son complice cita alors la veuve en justice, en exigeant le remboursement intégral de la somme déclarée.


Elle allait être condamnée, lorsque Yves représenta, en pleine audience, que la veuve était prête à produire la valise, mais avec la condition sous laquelle on la lui avait confiée, c'est-à-dire la présence des deux déposants. Le juge approuva cette conclusion.  Pris dans ses propres filets l'escroc se troubla et finit par avouer que la valise ne contenait rien d'autre qu'un peu de ferraille.
Yves rendit sa belle âme à Dieu le 19 mai 1303, âgé de cinquante ans. Les pauvres, les orphelins, les malheureux le regrettèrent comme leur père nourricier, leur avocat, leur consolateur.
 "Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"