mardi 16 janvier 2018

Réponse aux Réponses Catholiques du 15 janvier 2018

Je reponds à cet article. Cette fois nous ne le reproduisons pas.

En quoi est-ce que cela regarde le catholicisme?  Pourquoi un tel titre? Que des prêtres aient renoncé à l'évangélisation cela ne surprendra que les poseurs, car lorsque le chef lui-meme renonce a évangelisé et ne parle que de ponts a construire. Un pont se construit entre deux piliers de même niveau, de  même hauteur, de  même  nature, de  même vérité, de meme urgence pour l'âme, avec une tension égale vers la contemplation de Notre Seigneur (le Paradis c'est voir le Christ).  Connaitre, comme je suis connu.

Il ne peut y avoir d'équivalence, -a fortiori de pont- entre la vérité et l'erreur. Il est normal donc que les prêtres obéissants à leur hierarchie pousse la servilité jusqu'à offrir à l'autre de......rester où il est, ne pas se convertir, comme le Pape Francois l'avait repondu a feu son ami le pentecotiste Tony Palmer, 15 jours avant son accident mortel à moto. Ils y voient une condition pour une paix toute humaine "une paix cool, nice" donc en fine porcelaine. Afin de pouvoir "dialoguer", faire "one love" avec l'autre et le laisser choir lamentablement en enfer parce qu'on ne l'a pas suffisamment aimé pour lui parler de la Voie, de la Vie, de la Vérité. En un mot, lui parler du Christ. Car la Vérité c'est bien Lui, Jésus Christ, Notre Seigneur et Notre Dieu.

Mais avoir ca comme titre sur un site affichant aussi pompeusement qu'erronément "Réponses Catholiques, on comprend qu'il s'agit d'une tautologie (comme diraient certains)

                                               "Ô Marie conçue sans péché,
                          priez pour nous qui avons recours à Vous"

Castille Castillac

17 Janvier : SAINT ANTOINE, Abbé, Premier Père des Solitaires d'Egypte

 "Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée"
(Saint François de Sales)


SAINT ANTOINE
Abbé, Premier Père des Solitaires d’Égypte
(251-356)

SAINT ANTOINE naquit à Côme, dans la Haute-Égypte, en 251. Si la gloire de l’ermite Paul est d’avoir donné le premier exemple connu de la vie cachée au désert, celle d’Antoine est d’avoir réuni des peuples de solitaires sous les règles d’une vie commune.

Antoine avait reçu de ses excellents parents une éducation profondément chrétienne. Peu de temps après leur mort, étant âgé de dix-huit ans, il entendit lire à l’église ces paroles de l’Évangile: « Si vous voulez être parfait, allez, vendez tout ce que vous avez et donnez-en le prix aux pauvres. »

Il prend aussitôt cette parole pour lui, et voulant l’accomplir à la lettre, il se retire dans le désert, où il partage son temps entre la prière et le travail; il fait son unique repas après le coucher du soleil, d’un peu de pain, de sel et d’eau, et garde parfois l’abstinence jusqu’à quatre jours entiers; le peu de sommeil qu’il se permet, il le prend sur une simple natte de jonc ou sur la terre nue.

A deux reprises, il s’enfonce plus avant dans le désert et s’abîme de plus en plus dans la pénitence et la prière. La persécution le fait retourner dans le monde: « Allons, dit-il, voir les triomphes de nos frères qui combattent pour la cause de DIEU; allons combattre avec eux. »

On le voyait soulager les confesseurs de JÉSUS-CHRIST dans les cachots, les accompagner devant les juges et les exhorter à la constance. Son courage étonnait les juges et les bourreaux; il alla cent fois au-devant du martyre; mais DIEU lui réservait une autre couronne.

La persécution ayant cessé, il retourna au désert, fonda des monastères et devint le père d’une multitude de religieux. Le travail des mains, le chant des cantiques, la lecture des Saints Livres, la prière, les jeûnes et les veilles étaient leur vie.

Le désert, habité par des anges, florissait de toutes les vertus, et Antoine était l’âme de ce grand mouvement cénobitique. Il mourut à l’âge de cent cinq ans. Sa joie en quittant cette terre, fut si grande, qu’il semblait voir le Ciel ouvert devant ses yeux, et les esprits célestes prêts à lui faire escorte.

Saint Antoine est particulièrement célèbre par ses combats contre les démons. Des légions infernales le frappaient et le laissaient demi-mort; les malins esprits prenaient pour l’épouvanter les formes les plus horribles; mais il se moquait de leurs efforts. Après les avoir chassés par le signe de la Croix: « Où étiez-vous donc, Seigneur? » s’écriait-il; et DIEU lui répondait: « Antoine, j’étais avec toi et je me réjouissais de ta victoire. »

Pratique. Préparez votre âme au combat; défiez-vous du démon.

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

lundi 15 janvier 2018

16 Janvier : SAINT MARCEL, Pape et Martyr / SAINT HONORAT, Évêque d'Arles / La Bse STÉPHANIE QUINZANI, Vierge

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)



SAINT HONORAT naquit dans les Gaules, d'une famille illustre, mais païenne. DIEU mit de bonne heure en cet enfant prédestiné le désir du baptême, et il s'y prépara par toutes les vertus qui font l'ornement de la jeunesse.

Il dut tout à la grâce et à son heureux naturel, car il avait contre lui ses parents, ses amis et le milieu corrupteur dans lequel il lui fallait vivre. Jusqu'après son baptême, son père chercha par tous les moyens possibles à le détourner de la vie chrétienne; mais, au milieu de toutes les séductions, l'invincible jeune homme se disait: "Cette vie plaît, mais elle trompe." Belle parole, qui devrait servir de maxime à la folle jeunesse entraînée si facilement par les faux appâts du monde.

Le jeune Honorat réfléchissait, et tout le portait à quitter le monde pour Dieu : "J'entends dans le monde des maximes bien différentes de celles de l'Église ; il faut choisir : d'un côté on me prêche la modestie, la mortification, la vie de l'âme ; de l'autre, la jouissance, la vie du corps ; ici, Jésus m'appelle à régner au ciel ; là, le démon à régner sur la terre.  Hâtons-nous, mon âme, de renoncer aux choses terrestres pour nous donner à Dieu."

Dès lors, Honorat vit comme un moine, le jeûne amaigrit son visage, la prière occupe ses journées. Après quelques années d'incertitudes sur sa vraie vocation, il aborde l'île de Lérins, sur les côtes de la Provence; les serpents la rendaient inhabitable, mais ils disparaissent sous ses pas, et cette île aride et déserte devient un jardin délicieux, embaumé des fleurs de la science et de la sainteté.

Par Honorat, l'Occident a trouvé aussi en lui sa Thébaïde; Lérins devient une pépinière de savants, d'évêques et de saints.

A la mort de son évêque, l'église d'Arles réclame un vertueux Pontife, et la voix populaire appelle Honorat sur ce siège illustre. C'est là qu'il se surpasse lui-même et retrace en sa vie, toute de zèle et de saintes œuvres, l'image du pasteur selon le Cœur de DIEU, dont la charité n'a d'égal que le courage inflexible à défendre les intérêts de JÉSUS-CHRIST.

Saint Hilaire d'Arles, son disciple et son successeur, nous a laissé de lui un magnifique éloge. Retenons-en cette belle parole: "Si l'on voulait représenter la charité sous une figure humaine, il faudrait faire le portrait d'Honorat."

Cet illustre pontife mourut en l'an 429. Beaucoup de personnes virent son âme s'élever au ciel parmi les chœurs des anges.

Pratique. Travaillez dans votre situation, au salut des âmes et à la gloire de Dieu.

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SAINT MARCEL

Pape et Martyr
(+ 310)



Romain d'origine, SAINT MARCEL fut choisi le 21 mai 308, pour succéder à saint Marcellin, martyrisé deux mois auparavant. (Il siégea sous le règne de Maxence, cinq ans, six mois et vingt-et-un jours.)

Devenu Pape, Saint Marcel n'oublia point les exemples de vertus et de courage de son prédécesseur. Il obtint d'une pieuse matrone nommée Priscille, un endroit favorable pour y rétablir les catacombes nouvelles, et pour pouvoir y célébrer les divins mystères à l'abri des profanations des païens.

Les vingt-cinq titres de la ville de Rome furent érigés en autant de paroisses distinctes, afin que les secours de la religion fussent plus facilement distribués aux fidèles. A la faveur d'une trêve dans la persécution, Marcel s'efforça de rétablir la discipline que les troubles précédents avaient altérée. Sa juste sévérité pour les chrétiens qui avaient apostasié durant la persécution lui attira beaucoup de difficultés. L'Église subissait alors la plus violente des dix persécutions. Dioclétien venait d'abdiquer en 305, après avoir divisé ses États en quatre parties, dont chacune avait à sa tête un César.

Maxence, devenu César de Rome en 306, ne pouvait épargner le chef de l'Église universelle. L'activité du Saint Pontife pour la réorganisation du culte sacré au milieu de la persécution qui partout faisait rage, était aux yeux du cruel persécuteur, un grief de plus. Maxence le fit arrêter par ses soldats et comparaître à son tribunal, où il lui ordonna de renoncer à sa charge et de sacrifier aux idoles. Mais ce fut en vain: saint Marcel répondit hardiment qu'il ne pouvait désister un poste où DIEU Lui-même l'avait placé et que la foi lui était plus chère que la vie.


Le tyran, exaspéré par la résistance du Saint à ses promesses comme à ses menaces, le fit flageller cruellement. Il ne le condamna point pourtant à la mort; pour humilier davantage l'Église et les fidèles, il l'astreignit à servir comme esclave dans les écuries impériales. Le Pontife passa de longs jours dans cette dure captivité, ne cessant dans la prière et le jeûne, d'implorer la miséricorde du Seigneur. Après neuf mois de détention, les clercs de Rome qui avaient négocié secrètement son rachat avec les officiers subalternes, vinrent pendant la nuit et le délivrèrent.

Une pieuse chrétienne nommée Lucine donna asile au Pontife. Sa maison devint dès lors un titre paroissial de Rome, sous le nom de Marcel, où les fidèles se réunissaient en secret. Maxence en fut informé, fit de nouveau arrêter Marcel, et le condamna une seconde fois à servir comme palefrenier dans un haras établi sur l'emplacement même de l'église.

Saint Marcel, Pape, mourut au milieu de ces vils animaux, à peine vêtu.


La bienheureuse Lucine l'ensevelit dans la catacombe de Priscille, sur la voie Salaria. Les reliques de ce Souverain Pontife reposent dans l'ancienne église de son nom, illustrée par son martyre. Il fut le dernier des Papes persécutés par le paganisme, en ce temps.

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BIENHEUREUSE STÉPHANIE QUINZANI

Vierge du Tiers-Ordre de Saint-Dominique
(1457-1530)


Cette fille de Saint Dominique naquit le 5 février 1457, à Orzinovi, petit village situé près de Brescia, en Italie.  Son père, Lorenzo Quinzani alla bientôt s'établir à Soncino pour se mettre sous la conduite du dominicain Mathieu Carreri, célèbre maître de la vie intérieure. Celui-ci avait remarqué la petite Stéphanie et prédit à la jeune enfant qu'elle serait son héritière.

L'enfant ne comprit rien à ces paroles, mais, quelques années plus tard, quand le bienheureux Mathieu mourut, la Sainte se sentit frappée au cœur d'une blessure très douloureuse. Au même instant, le défunt lui apparut et lui apprit que cette blessure était l'héritage qu'il lui avait promis.

La souffrance devait être le partage de la bienheureuse Stéphanie; elle était destinée par DIEU à prendre rang parmi ces âmes privilégiées que Sa divine sagesse conduit hors des voies communes et élève par des moyens extraordinaires jusqu´aux plus hauts sommets de la vie mystique.

Chez la bienheureuse, la grâce prévint la nature. A l´âge de sept ans, elle fit vœu de pauvreté, de virginité et d'obéissance. NOTRE-SEIGNEUR voulut aussitôt lui montrer combien sa générosité Lui avait été agréable. Il lui apparut accompagné de Sa Très Sainte Mère, et de plusieurs autres Saints et lui donna le titre d'épouse et comme gage de cette alliance, lui remit un anneau précieux.

Vers l'âge de dix à onze ans, elle sentit un vif attrait pour la souffrance. Elle comprit qu'elle devait suivre Le CHRIST, son Époux, sur le chemin du Calvaire. Aussi se mit-elle à pratiquer une rigoureuse mortification. Les épreuves ne lui furent pas épargnées et le démon lui suscita de terribles tentations contre la sainte vertu.  Pour en triompher, la jeune fille eut recours à un remède énergique: elle se précipita avec un courage intrépide dans un amas d'épines et s'y roula jusqu´à ce que la douleur eût calmé les efforts de la tentation.

A l'âge de quinze ans, un Vendredi-Saint, alors qu'elle méditait avec larmes sur les souffrances de son SAUVEUR, elle reçut de JÉSUS-CHRIST l'impression des sacrés stigmates et Il lui déclara que désormais elle aurait part à toutes Ses douleurs et que dans chacun de ses membres elle porterait une partie de ce que Lui-même avait souffert.

A partir de ce moment, chaque semaine, le vendredi, elle semblait reproduire dans son corps et dans son âme les mystères de la sanglante Passion. On la voyait dans une sorte d'agonie pendant laquelle il lui sortait de tous les pores une sueur mêlée de sang. Puis on eût dit qu'on la déchirait de coups de fouet.  Enfin, sa tête portait comme l'empreinte du couronnement d'épines.  A ces souffrances corporelles venaient s'ajouter d´indicibles angoisses morales. Pendant quarante ans, la Bienheureuse dut passer à travers des ténèbres, des sécheresses, des impuissances et des délaissements terribles.  Et ce martyre de l´âme était si effroyable qu´elle eût succombé sous la rigueur des épreuves, si des faveurs extraordinaires n´étaient venues la soutenir.

Selon son plus grand désir et la promesse qu'elle avait faite en son jeune âge, elle revêtit l'habit du Tiers-Ordre de Saint-Dominique. Elle établit un monastère à Soncino et entreprit de bâtir un couvent sous le vocable de Saint Paul.  DIEU lui vint en aide, et, dès l'année 1519, une trentaine de jeunes filles des plus nobles familles y travaillaient sous sa direction à acquérir la perfection religieuse.

Elle mourut le 2 janvier 1530 à l'âge de soixante-treize ans en prononçant les paroles du Divin Crucifié dont elle avait été la fidèle imitatrice: "Seigneur, je remets mon âme entre Vos mains."

"Ô Marie conçue sans péché, 
priez pour nous qui avons recours à Vous"

dimanche 14 janvier 2018

15 Janvier : SAINT PAUL, Premier ermite et Confesseur / SAINT RÉMI, Archevêque de Reims, Apôtre des Francs

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)




SAINT RÉMI  fut l'enfant de la Providence. Ses parents avaient deux enfants, et depuis longtemps n'espéraient plus en avoir d'autres, quand un vieux moine aveugle leur annonça le fils prédestiné.

Les talents et les vertus de Rémi le firent consacrer archevêque de Reims, à l'âge de vingt-deux ans. Sa consécration fut marquée par un prodige : le front de Rémi parut brillant de lumière et fut embaumé d'un parfum tout céleste.

Il montra dès l'abord toutes les vertus des grands pontifes. Les miracles relevèrent encore l'éclat de sa sainteté : pendant ses repas, les oiseaux venaient prendre du pain dans ses mains ; il guérit un aveugle possédé du démon ; 
par le signe de la croix remplit de vin un vase presque vide ; il éteignit par sa seule présence un terrible incendie ; il délivra du démon une jeune fille que saint Benoît n'avait pu délivrer, et opéra bien d'autres merveilles.

L'histoire de sainte Clotilde nous a appris comment Clovis se tourna vers le DIEU des chrétiens, à la bataille de Tolbiac, et remporta la victoire. Ce fut Saint Rémi qui acheva d'instruire le prince. Comme il lui racontait, d'une manière touchante, la Passion du SAUVEUR : « Ah! s'écria le guerrier, que n'étais-je là avec mes Francs pour le délivrer! » La nuit avant le baptême, Saint Rémi alla chercher le roi, la reine et leur suite dans le palais et les conduisit à l'église, où il leur fit un éloquent discours sur la vanité des faux dieux et les grands mystères de la religion chrétienne.

Alors l'église se remplit d'une lumière et d'une odeur célestes, et l'on entendit une voix qui disait : « La paix soit avec vous ! » Le saint prédit à Clovis et à Clotilde les grandeurs futures des rois de France, s'ils restaient fidèles à DIEU et à l'Église. Quand fut venu le moment du baptême, saint Rémi dit au roi : « Courbe la tête, fier Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré. »

Au moment de faire l'onction du saint chrême, le pontife, s'apercevant que l'huile manquait, leva les yeux au ciel et pria DIEU d'y pourvoir. Tout à coup on aperçut une blanche colombe descendre d’en haut, portant une fiole pleine d'un baume miraculeux ; le saint prélat la prit, avec un sentiment de vive reconnaissance envers DIEU, et fit l'onction sur le front du prince.

Cette fiole, appelée dans l'histoire la Sainte Ampoule, exista jusqu'en 1793, époque où elle fut brisée par les révolutionnaires. Outre l'onction du baptême, Saint Rémi avait conféré au roi Clovis l'onction royale.

Deux sœurs du roi, trois mille seigneurs, une foule de soldats, de femmes et d'enfants furent baptisés le même jour.

Saint Rémi devint aveugle dans sa vieillesse, et profita de cette infirmité pour multiplier ses oraisons. Ayant recouvré la vue par miracle, il célébra une dernière fois le saint sacrifice, et s'éteignit doucement, le 13 janvier 533, âgé de quatre-vingt-seize ans.=

Pratique. Priez pour la France, afin qu'elle soit digne de sa mission de Fille aînée de l'Église.

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SAINT PAUL

Premier Ermite
(229-342)



La gloire de ce grand Saint est d'avoir frayé la voie du désert à d'innombrables générations de solitaires et de n'avoir été surpassé par personne dans la pratique de la prière et de la pénitence.

Il naquit dans la Basse-Thébaïde, en Egypte, vers l'an 227. Orphelin dès l'âge de quinze ans et possesseur d'un très riche patrimoine, il abandonna tout pour obéir à l'impulsion divine.

S'enfonçant dans la solitude, il arriva à une caverne creusée dans les flancs d'une montagne, et dans laquelle coulait une source limpide. Il prit ce lieu en affection et résolut d'y passer sa vie. Un palmier voisin lui fournissait son repas et son vêtement; l'eau claire de la fontaine était son unique boisson.

PAUL avait vingt-deux ans quand il se retira du monde ; il vécut dans le désert jusqu'à l'âge de cent treize ans ; il passa donc quatre-vingt-onze ans sous le regard de DIEU et loin de la vue des hommes, et nul ne pourra jamais nous dire ni les merveilles de vertu qu'il a accomplies, ni les ineffables douceurs de sa vie pénitente et contemplative.

Deux faits cependant nous sont connus. Paul avait quarante-trois ans quand DIEU se chargea de le nourrir Lui-même en lui envoyant miraculeusement chaque jour, par un corbeau, la moitié d'un pain. A l'âge de cent treize ans, il reçut la visite du Saint solitaire Antoine.

Antoine âgé de quatre-vingt-dix ans, avait été éprouvé par une tentation de vaine gloire, le démon essayant de lui suggérer qu'il était le plus parfait des solitaires. Mais DIEU lui avait ordonné en songe d'aller plus avant dans le désert, à la rencontre d'un solitaire bien plus parfait que lui.

Après deux jours et une nuit de marche, Antoine suivit la trace d'une louve qui le conduisit jusqu'à la grotte où habitait Paul. Ce fut à grand peine que le Saint voulut ouvrir sa porte au voyageur inconnu. Il ouvrit enfin ; les deux vieillards s'embrassèrent en s'appelant par leurs noms et passèrent de longues heures à bénir DIEU.

Ce jour-là, le corbeau leur apporta un pain entier; ils rendirent grâces au SEIGNEUR, et s'assirent au bord de la fontaine pour prendre leur frugal repas. Antoine, de retour dans sa solitude, disait à ses disciples : « Malheur à moi, pécheur, qui suis indigne d'être appelé serviteur de DIEU ! J'ai vu Elie, j'ai vu Jean dans le désert ; en un mot, j'ai vu Paul dans le paradis.

Paul mourut cette même année, et sa fosse fut creusée par deux lions du désert. Sa vie, parfaitement authentique, fut écrite par saint Jérôme qui termina son récit par ces paroles : "Si DIEU m'en avait donné le choix, j'aimerais mieux la tunique de Saint Paul avec ses mérites, que la pourpre des rois avec leur puissance."

Pratique
: Ne vous contentez pas d'admirer les saints, suivez leurs traces.
       
                                          "Ô Marie conçue sans péché, 
                              priez pour nous qui avons recours à Vous" 

samedi 13 janvier 2018

14 Janvier : SAINT HILAIRE, Évêque de Poitiers, Docteur de l’Église

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)



SAINT HILAIRE naquit à Poitiers de parents païens au commencement du IVe siècle. Après une éducation toute profane, il secoua par les propres forces de son génie aidé de la grâce, le joug absurde et impur du paganisme, et reçut publiquement le baptême. Ce païen converti allait devenir l’une des plus brillantes lumières de l’Eglise, le marteau de l’hérésie et l’apôtre infatigable du dogme de la SAINTE TRINITÉ.

La vertu d’Hilaire croissant chaque jour, on ne parlait dans toute la province de Poitiers que de la pureté de ses mœurs, de sa modestie, de sa charité et de son zèle. Lorsque l’évêque de Poitiers vint à mourir, tous les fidèles le demandèrent pour pasteur.

Dès lors, Hilaire entra dans la mêlée contre l’hérésie d’Arius et ne quitta pas le champ de bataille jusqu’à son dernier soupir.  Ni les menaces des princes, ni la calomnie, ni l’exil, ne purent jamais ébranler son courage. Obligé de quitter son peuple, il se rend en Orient où il devient le porte-étendard de la vérité chrétienne.

Il est enfin rendu à son troupeau, après plusieurs années d’exil ; ce retour devint un vrai triomphe. « La Gaule entière, dit Saint Jérôme, embrassa un héros qui revenait victorieux du combat, la palme à la main.

La ville de Poitiers surtout éclata en transports indicibles ; chacun croyait avoir retrouvé son père et même sa patrie car durant l’absence du pontife la patrie avait semblé à tous un douloureux exil.

Un jour, un petit enfant mourut sans baptême. Sa mère tenant le cadavre en ses bras vient se jeter aux pieds d’Hilaire et lui dit d’une voix suffoquée par les sanglots : « Rendez-moi mon fils ou rendez-le au baptême. » L’homme de DIEU, ému de la douleur de cette pauvre mère se prosterne en prière, et bientôt l’enfant ouvre les yeux et revient à la vie.

Epuisé par ses travaux et ses fatigues, le grand athlète de la foi tomba malade ; l’heure de la récompense était venue. Une lumière éblouissante éclaira sa chambre, puis diminua insensiblement et disparut à l’instant où l’âme d’Hilaire brisait les liens du corps pour s’envoler au sein de DIEU.

C’était le 13 janvier 308. La France lui a voué un culte spécial, et une multitude d’églises s’honorent de l’avoir pour patron. Un historien a tracé le portrait suivant de Saint Hilaire : « Il réunissait en sa personne toutes les excellentes qualités qui font les grands évêques. S’il a fait admirer sa prudence dans le gouvernement de l’Eglise, il y a fait éclater aussi, lorsque l’occasion l’a demandé, un zèle et une fermeté apostoliques que rien ne pouvait abattre. »

Pratique : Que votre foi soit éclairée, ardente, invincible.


“O Marie conçue sans péché 
priez pour nous qui avons recours à Vous”

vendredi 12 janvier 2018

13 Janvier - LE BAPTÊME DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST / SAINTE VÉRONIQUE de BINASCO (ou de Milan), Vierge, Religieuse

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)



……. Le Baptême de Notre Seigneur, Jésus, c'est de sa part, l'acceptation et l'inauguration de sa mission de Serviteur souffrant. Il se laisse compter parmi les pécheurs ; il est déjà "l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde" ; déjà, il anticipe le "baptême" de sa mort sanglante. Il vient déjà " accomplir toute justice ", c'est-à-dire qu'il se soumet tout entier à la volonté de son Père : il accepte par amour le baptême de mort pour la rémission de nos péchés.

A cette acceptation répond la voix du Père qui met toute sa complaisance en son Fils. L'Esprit Saint que Jésus possède en plénitude dès sa conception, vient "reposer" sur lui. Il en sera la source pour toute l'humanité. A son Baptême, " les cieux s'ouvrirent " que le péché d'Adam avait fermés ; et les eaux sont sanctifiées par la descente de Jésus et de l'Esprit Saint, prélude de la création nouvelle. Par le Baptême, le chrétien est sacramentellement assimilé à Jésus qui anticipe en son baptême sa mort et sa résurrection….. (Catéchisme de l’Église catholique)

Sa Majesté S'approcha parmi les autres, et Il demanda à saint Jean de Le baptiser comme l'un d'eux. Le Baptiste Le reconnut et prosterné à Ses pieds, confus (Le retenant) il lui dit:  "Je dois être baptisé par Vous, Seigneur, et Vous venez me demander le Baptême?" Le Sauveur répondit:  "Laissez-Moi faire maintenant ce que Je désire, car il convient ainsi d'accomplir toute justice."



Saint Jean ayant achevé de baptiser Notre-Seigneur Jésus-Christ, le ciel s'ouvrit et l'Esprit-Saint descendit en forme visible de colombe sur Sa tête, et l'on entendit la voix du Père qui disait:  "Celui-ci est Mon Fils bien-aimé en qui J'ai mis Mes délices et Mes complaisances." Plusieurs de ceux qui étaient présents entendirent cette voix du Ciel, ceux qui n'étaient point indignes d'une faveur si admirable, et en même temps ils virent l'Esprit-Saint dans la forme qu'Il vint sur le Sauveur. 

Ce témoignage fut le plus grand qui peut être donné de la divinité de notre Rédempteur, puisqu'il était manifesté par tout cela que Jésus-Christ était vrai Dieu, égal à Son Père Éternel dans la substance et les perfections infinies. Le Père voulut être le premier qui rendît du Ciel, témoignage à la divinité de Jésus-Christ, afin qu'en vertu de Son propre témoignage, tous ceux qui devaient en être rendus ensuite dans le monde demeurassent autorisés. Cette voix du Père eut aussi un autre mystère revenant au crédit de Son Fils, car elle fut comme un dédommagement qu'Il fit en Lui compensant l'acte de S'humilier à recevoir le Baptême qui servait de remède au péché dont le Verbe fait chair était libre, puisqu'Il était impeccable.


Notre Rédempteur Jésus-Christ offrit au Père avec Son obéissance cet acte de S'humilier à prendre la forme de pécheur, en recevant le Baptême avec ceux qui l'étaient, Se reconnaissant, par cette obéissance, inférieur dans la nature humaine commune aux autres enfants d'Adam et instituant de cette manière le sacrement de Baptême qui devait laver les péchés du monde en vertu de Ses mérites; et le même Seigneur S'humiliant le premier à recevoir le Baptême des péchés, demanda et obtint du Père un pardon général pour tous ceux qui le recevraient et qui sortiraient de la juridiction du démon et du péché et qui seraient régénérés dans le nouvel être spirituel et surnaturel d'enfants adoptifs du Très-Haut. 

La voix du Père et la Personne de l'Esprit-Saint descendirent pour accréditer le Verbe fait homme, récompenser Son humiliation, approuver le Baptême et les effets qu'il devait avoir, confesser et manifester Jésus-Christ pour Fils de Dieu véritable et faire connaître les trois Personnes au nom desquelles le Baptême devait être donné. 
Tiré de Marie D'Agreda, C.M., Tome 5, pp. 289-291 1. Mt. 3, 14 2. Ibid. 15

  


   « Voilà l'Agneau de Dieu » dit Jean Baptiste. Jésus lui-même ne parle pas ; c'est Jean qui dit tout. L'époux a coutume d'agir ainsi ; il ne dit rien encore à l'épouse, mais il se présente et se tient en silence. D'autres l'annoncent et lui présentent l'épouse. Quand elle paraît, l'époux ne la prend pas lui-même, mais il la reçoit des mains d'un autre. Mais après qu'il l'a ainsi reçue d'autrui, il se l'attache si fortement qu'elle ne se souvient plus de ceux qu'elle a quittés pour le suivre.

C'est ce qui s'est passé à l'égard de Jésus-Christ. Il est venu pour épouser l'humanité ; il n'a rien dit lui-même, il n'a fait que se présenter. C'est Jean, l'ami de l'Époux, qui a mis dans sa main celle de l'Épouse, en d'autres termes, le cœur des hommes, qu'il a persuadés par sa prédication. Alors Jésus Christ les a reçus et les a comblés de tant de biens qu'ils ne sont plus revenus à celui qui les lui avait amenés... Il a tiré son Épouse de sa condition très humble pour la conduire de la maison de son Père...



C'est Jean, l'ami de l'Époux, qui seul a été présent à ces noces ; c'est lui qui a tout fait alors ; apercevant Jésus qui venait, il a dit : « Voilà l'Agneau de Dieu ». Et il montrait ainsi que ce n'est pas seulement par la voix, mais encore des yeux, qu'il rendait témoignage à l'Époux. Il admirait le Fils de Dieu et, en le contemplant, son cœur tressaillait d'allégresse et de joie. Avant de l'annoncer, il l'admire présent, et il fait connaître le don que Jésus est venu apporter : « Voilà l'Agneau de Dieu ». C'est lui, dit-il, qui enlève le péché du monde, et il le fait sans cesse, pas seulement au moment de sa Passion quand il a souffert pour nous. S'il n'offre qu'une seule fois son sacrifice pour les péchés du monde, cet unique sacrifice purifie à jamais les péchés de tous les hommes jusqu'à la fin du monde.


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SAINTE VÉRONIQUE DE BINASCO (ou de Milan)




VÉRONIQUE naquit à Binasco, près de Milan, en 1445. Elle appartenait à une pauvre famille de laboureurs, plus riche en vertus qu'en biens de la terre. A cause de leur pauvreté, ses parents durent l'employer de bonne heure aux travaux des champs; mais au lieu d'écouter les conversations mondaines et les chansons légères, elle vaquait à l'oraison et à la prière et semblait étrangère à tout ce qui se passait autour d'elle.


Cette fleur de vertu devait s'épanouir dans la vie religieuse. Poussée par un ardent désir d'entrer chez les sœurs Augustines de Sainte-Marthe, à Milan, elle employa une partie de ses nuits pour apprendre à lire et à écrire, condition nécessaire à son admission dans le couvent. Ses efforts furent vains, et découragée, elle se plaignit à la Très Sainte Vierge, qui lui apparut et lui dit : « Ma fille, sois sans inquiétude ; il te suffira de connaître les trois lettres que je t'apporte du ciel. La première est la pureté du cœur, qui nous fait aimer DIEU par-dessus toutes choses ; tu ne dois avoir qu'un amour, celui de mon Fils. La seconde est de ne pas murmurer contre les défauts du prochain, mais de les supporter avec patience et de prier pour lui. La troisième est de méditer chaque jour la Passion de JÉSUS-CHRIST, Lequel t'accepte pour son épouse. »

Dès lors Véronique ne fit plus cas de l'alphabet ni des livres, mais elle avait trouvé le chemin de la vraie science, celle des Saints. Reçue enfin parmi les sœurs converses de Sainte-Marthe, elle se distingua parmi elles non seulement par les vertus les plus éclatantes, mais par les dons les plus extraordinaires.

Ses yeux étaient deux sources intarissables de larmes. Souvent le SAUVEUR lui apparaissait; une fois Il récita l'office avec elle ; une autre fois, Il se montra devant elle cloué à la croix, la tête couronnée d'épines, le visage pâle et défiguré, le corps couvert de plaies ; cette vue la fit tomber en défaillance.

Les Anges se faisaient un honneur de la servir ; et durant les trois années qui précédèrent sa mort, un de ces esprits célestes lui apportait, le lundi, le mercredi et le vendredi de chaque semaine, un pain délicieux qui la rassasiait et la dégoûtait de toute autre nourriture. Sa vie, toute de merveilles, fut couronnée par une mort sainte, dont elle avait prédit le jour et l'heure. Véronique avait cinquante-deux ans.

Ignorante selon le monde, sainte Véronique était toute remplie de la science de DIEU. Combien un rayon de la divine lumière nous en apprend plus que toute la sagesse humaine! « Bienheureux, dit L'Imitation, celui qui est instruit par la Vérité même! (L'Imitation, chap. 3.)

Pratique
Donnez-vous à Dieu sans réserve, à l'exemple des saints. 

“O Marie conçue sans péché 
priez pour nous qui avons recours à Vous”

jeudi 11 janvier 2018

12 Janvier : SAINT AELRED ou ALFRED, Abbé / SAINTE MARGUERITE BOURGEOIS, Fondatrice de la Congrégation Notre-Dame

"Il n’y a pas d’autre différence entre l’Évangile et la vie des Saints 

qu’entre une musique notée et une musique chantée.
(Saint François de Sales)


Né en 1109, dans le nord de l'Angleterre, Alfred se fit remarquer par tous les avantages de la naissance, de l'éducation et des talents. Son histoire rapporte qu'un jour qu'il reposait dans son berceau, un de ses parents vit son visage brillant comme le soleil.
Jeune encore, il fut nommé gouverneur du palais par David, roi d'Ecosse, et il remplit cette charge importante avec une supériorité qui lui attira l'estime du prince et de toute la cour. Un jour, un personnage de qualité lui ayant fait des reproches injurieux en présence du roi, il l'écouta avec patience et le remercia de ce qu'il avait la charité de l'avertir de ses fautes. 
Cette conduite impressionna si heureusement son ennemi, qu'il lui demanda aussitôt pardon. Ce trait, parmi d'autres, révéla son humilité profonde. Mais Alfred se sentait fait pour une vie plus parfaite. A vingt-quatre ans il quitta les honneurs de la cour pour prendre l'habit monastique et porter le joug du SEIGNEUR. "Ce joug, disait-il, loin de m'accabler, ne fait qu'élever mon âme, je n'en sens point le poids." 

Aimer DIEU était son unique passion : « Que toutes les puissances de mon âme, disait-il, ô bon JÉSUS, soient pénétrées du feu de Votre amour ! Que toutes mes affections montent vers Vous, Ô Vous qui êtes mon unique bien, ma joie et mes délices ! » Nommé malgré lui abbé de son monastère, il se montra le modèle de tous. 

Il fut impossible de lui faire accepter un évêché ; DIEU seul était quelque chose pour lui. Un de ses religieux nous a laissé de sa vertu le tableau suivant : « Quelle vie plus pure que celle d'Alfred? Qui fut plus sage dans ses discours? Les paroles qui sortaient de sa bouche avaient la douceur du miel ; son corps était faible et languissant, mais son âme vive et alerte. Il souffrait patiemment ceux qui l'importunaient et ne se rendait jamais importun à personne. 

Il écoutait volontiers les autres et ne se pressait point de répondre à ceux qui le consultaient. On ne le vit jamais en colère; ses paroles et ses actions portaient la douce empreinte de cette onction et de cette paix dont son âme était remplie. Les quatre dernières années de sa vie, il augmenta ses mortifications, au point que son corps devint d'une maigreur extrême, de sorte qu'on l'aurait pris pour un esprit plutôt que pour un homme. 

Souvent il se mettait dans une fosse creusée dans le sol de son oratoire, et de là on l'entendit plus d'une fois s'entretenir avec les esprits célestes. Familiarisé depuis longtemps avec la pensée de la mort, il la vit venir avec joie, le 12 janvier 1167. Il avait cinquante-sept ans. 

Pratique. Appliquez-vous à posséder votre âme dans le calme et la patience. 

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SAINTE MARGUERITE BOURGEOIS

Fondatrice de la Congrégation Notre-Dame

Marguerite Bourgeois naît à Troyes, en France, le Vendredi Saint, 17 avril 1620. Elle fut préparée longuement par des voies toutes providentielles à sa mission future. A vingt ans, lors d'une procession, la Sainte Vierge la regarda et lui sourit. Dès lors, Marguerite renonça aux parures et aux amusements de son âge et entra dans la Société des Enfants de Marie dont elle devint la présidente.

Dix ans plus tard, le jour de l'Assomption, Jésus-Enfant, (âgé de trois ans,) lui apparaît dans l'Hostie de l'ostensoir. Il embrase son coeur des flammes de la divine charité, lui inspire un souverain mépris pour tous les biens terrestres et lui communique une immense soif des âmes.
En 1653, Marguerite Bourgeois s'embarque pour le Canada à trente-trois ans. La Vierge lui dit: "Va, Je ne t'abandonnerai pas." Quatre années s'écoulent avant qu'il lui soit possible de se vouer à l'éducation chrétienne des enfants. En attendant, sa charité s'étend à tous: elle visite et sert les malades, ensevelit les morts, console les affligés, catéchise les colons.

Dorénavant, sa tâche consistera à former et diriger une communauté religieuse enseignante non cloîtrée. En 1658, elle jette les bases de son institut en ouvrant la première école de Ville-Marie dans une étable cédée par Monsieur de Maisonneuve. Elle s'adjoint des compagnes, qu'elle initie à son oeuvre. De là surgissent les "petites écoles"disséminées sur les côtes de la Nouvelle-France.
L'oeuvre sociale de Mère Bourgeois n'est pas moins admirable que son oeuvre d'éducation. Son dévouement la met au service des jeunes ménages d'alors. Elle héberge chez elle les Filles du Roi, les guide et les dirige, inculquant en elles les sérieux devoirs de l'épouse et de la mère. Elle demeurera la conseillère de ces jeunes femmes auprès de qui elles chercheront toujours réconfort et encouragement pour la pratique des vertus.
L'ingéniosité de Marguerite Bourgeois se révèle dans des créations de toutes sortes: ouvroir pour les jeunes filles et les épouses, école normale pour la formation de ses compagnes dans l'éducation, oeuvre des Tabernacles qu'elle fonde avec la recluse Jeanne Leber, congrégation pour jeunes filles.
Après quarante-sept ans de travaux bénis du Ciel et de la Sainte Vierge, Marguerite Bourgeois s'éteint à quatre-vingts ans, avec la réputation d'une âme éminente en sainteté. Le 12 novembre 1950, dans une cérémonie solennelle à Saint-Pierre de Rome, Pie XII la déclarait bienheureuse. Depuis cette date, elle a reçu les honneurs de la canonisation.
“O Marie conçue sans péché,
 priez pour nous qui avons recours à Vous”